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Co-écriture de l’article « Oenotourisme et Pays Vidourle-Camargue. A la croisée de la géographie et de l’ethnologie » – France Gerbal-Médalle et Marie-Ange Lasmènes

1 Déc 2019

Si la Camargue évoque un imaginaire touristique (AMIROU, 1995) collectif – voire même un bestiaire partagé : flamands roses, taureaux noirs et chevaux blancs -, il n’en est pas de même pour l’arrière-pays qui s’étend le long du Vidourle. Cette rivière véhicule une série d’images négatives : les débordements dus aux épisodes cévenols « les vidourlades », Lunel et sa « plateforme du djihadisme », Vauvert et sa misère sociale terreau de l’extrémisme de droite, etc. Et pourtant ce territoire, le Pays VidourleCamargue est riche de quatre appellations viticoles anciennes : AOC Muscat de Lunel, AOC Languedoc-Sommières, AOC Languedoc-Saint-Christol et IGP Sables de Camargue, d’une nature sauvage et d’un patrimoine immatériel vivant. Traversé d’est en ouest par la Languedocienne, à mi-chemin entre Nîmes et Montpellier, et situé entre deux identités touristiques fortes, Cévennes et Camargue, ce territoire souhaite se positionner comme destination œnotouristique. En effet, avec ses stations balnéaires du Grau du Roi et de Port Camargue très fréquentées en période estivale, l’un des enjeux touristiques du territoire consiste à rétablir un équilibre entre la fréquentation de ce littoral et l’intérieur des terres marqué par une activité économique et majeure : la viticulture, pour laquelle on souhaite dévoiler les richesses culturelles et paysagères. C’est avec cette envie que les acteurs politiques, touristiques et du monde viticole ont souhaité être accompagnés par nos deux cabinets de conseils. L’un se positionne sur le champ de l’ethnologie, l’autre sur celui de la géographie et de l’aménagement touristique.

A cheval sur les départements du Gard et de l’Hérault, le Pays Vidourle Camargue ne fait pas entrevoir de distinction là où la frontière administrative pourrait le laisser supposer.

Le diagnostic entrepris a pu faire apparaître d’autres formes de « frontières ». Frontières spatiales d’abord entre le sud balnéaire (littoral) et le nord viticole (coteaux) d’un territoire scindé par un important axe autoroutier, frontières culturelles entre la « vraie » Camargue arlésienne et la « Petite » Camargue gardoise et héraultaise, frontières temporelles entre la forte fréquentation touristique en été et le « hors-saison » qui lui est préféré par les habitants des proches bassins montpelliérains et nîmois impliquant de fait un rapport

villes/campagnes, ou encore frontières entre les aires de productions viticoles redessinant le territoire en fonction de « terroirs » distincts sont autant d’enjeux décrits lors de notre étude sur les représentations et les pratiques touristiques du territoire. Ces préoccupations émises par les acteurs politiques et économiques du territoire sont-elles seulement applicables à l’échelle des visiteurs en quête d’un moment de loisir et de découverte ? N’y aurait-il pas là une frontière symbolique entre le constat politique d’un territoire vécu au quotidien par ses acteurs et le désir des visiteurs quant à leurs pratiques ?

Cette communication se propose, à partir d’une approche transdisciplinaire et d’un cas concret, la formation-accompagnement au développement de l’œnotourisme sur la destination « Pays Vidourle-Camargue », de présenter comment le travail du consultant peut soutenir les questionnements de la recherche.

L’article est consultable ici : https://preo.u-bourgogne.fr/territoiresduvin/index.php?id=1737